Ici, c’est le rêve ou pas?

Racontage de la semaine, la troisième sur le sol indien. Je crois que je ne réalise toujours pas que je me réveille tous les matins en Inde…

Les jours se suivent et une certaine routine s’est installée.

Le matin à la Izabella School et la fin de journée avec les garçons.
A l’école, c’est compliqué et nous ne sommes pas trop de 4 adultes pour une dizaine d’enfants. Certains d’entre eux ont beaucoup de difficultés à se concentrer, et la configuration des locaux n’aide pas, puisqu’il est impossible de s’isoler afin d’éviter toute distraction. Il faut déployer des trésors de patience pour ne pas s’énerver et réussir à aller au bout d’un exercice donné. L’ambiance n’a pas été simplifiée avec l’arrivée d’une nouvelle élève, atteinte de Trisomie21. Je retrouve exactement les même comportements que j’avais au quotidien à l’IME, et ça n’est vraiment pas simple. La trisomie à cette faculté de rendre ceux qui en sont porteurs tellement têtus! Les matinées ne sont donc pas très reposantes, mais les enfants sont tellement attachants qu’on y retourne le lendemain.

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Comme partout, on met la date du jour en arrivant

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Je vous ai dit qu’on manquait de place?

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Partie de chatouilles en Piyush et Ranjeeta

A l’orphelinat, l’activité dépend de l’heure à laquelle on y va. On peut jouer, aider aux devoirs (j’ai dû expliquer les soustractions en anglais…Pauvre Kunal, je ne suis vraiment pas sûre qu’il ait tout compris…), regarder la TV. Et là, il faut que je vous en parle. Les feuilletons indiens! Vous prenez le pire de Bollywood et le pire des telenovelas mexicaines. Vous mixez et…tadam! Un feuilleton indien! C’est tellement mauvais qu’on reste scotché devant l’écran.

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Chut! C’est l’heure du feuilleton

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Partie de carrom, dit « le billard indien ». Je me suis faite laminée, je manque sérieusement d’entrainement…

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Si quelqu’un comprend la technique pour faire une division à l’indienne…

Nous sommes allés visiter un temple: Swaminarayan Akshardham. Pour les images, je vous invite à faire une recherche Google, appareils photos interdits comme à peu près tout (la liste des interdits est longue). Mais, malgré le portique et le scan…j’ai pu passer mon téléphone indien pourri. Thug Life! « C’est un centre sans égal de l’art, de la sagesse, du patrimoine indien et de ses valeurs qui rendent hommage à Bhagwan Swanirayan, symbole de la culture indienne…« .Bon, pour le côté spirituel on repassera. Ca m’a surtout fait penser à un « temple Disney »: tout fait faux tellement c’est impeccable, et tu dois payer si tu veux boire, manger, avoir une photo (comme à la fin des attractions à Disneyland) ou voir les spectacles. Et là, ça vaut le coup de payer 80 roupies (1euro = 70 roupies) pour le spectacle d’eaux et lumières, franchement digne du Futuroscope. Même si c’est en hindi, on en prend plein les yeux, à défaut de comprendre.

Trois semaines de passées. Je peux le dire, trois semaines éprouvantes.
Partir seule déjà, loin de tous repères. Et ce sentiment de solitude augmente d’autant plus qu’il y a la barrière de la langue. Cette barrière qui te demande sans cesse de te concentrer pour tenter de comprendre au mieux l’autre, et de te faire comprendre. Et c’est épuisant. Fatigue générée par la chaleur aussi. On tourne autour des 40 degrés en journée, 30-35 la nuit. Et ça ne va pas aller en s’améliorant, puisque le mercure peut monter jusqu’à 50 degrés en mai. Les températures vont baisser avec l’arrivée de la mousson, c’est-à-dire quand je partirai…Ajoutez à tout ça la poussière, la pollution (Delhi est la ville la plus polluée au monde), le bruit…Cocktail explosif!

Je ne pensais pas dire ça un jour, mais je crois que je déteste l’Inde, autant que je l’adore. Trop de monde, de bruit, de pollution…et tellement de Vie. Passer cinq heures de plus que prévu dans un train ne pose aucun problème, alors qu’on râle ici pour vingt minutes parfois. Je peux comprendre que certains développent le syndrome  » Fous de l’Inde« , parce qu’ici tout est « trop ». Je savais à quoi m’attendre; je lis, regarde, écoute l’Inde depuis des années. Malgré ça, malgré une certaine familiarité, elle a réussi à me déboussoler.
L’Inde ne connaît pas le juste milieu, tout est paradoxes. Alors qu’ils mettent leur vie en danger dès qu’ils prennent la route, les Indiens ne plaisantent pas avec la sécurité. A l’entrée de certaines gares, à chaque station de métro, des portiques sont installés avec scan de bagages et des personnes. Je n’ose imaginer ce que ça donnerait si on faisait ça en France. Dans le métro, des annonces sont diffusées en permanence pour attirer la vigilance de chacun et rappeler qu’il est interdit de jouer de la musique, s’asseoir par terre, boire, manger…Mais comme pour le code de la route, l’Indien fait ce qu’il veut.
L’Inde a cette capacité de te mettre à l’épreuve en permanence. Tout est extrême, tu es obligé de penser différemment, de mettre tes repères européens de côté, sinon tu ne peux pas t’en sortir. Je pense vraiment que rien n’est comparable à l’Inde, qu’elle te pousse dans tes retranchements, et que quand tu lui as « survécue », tu peux aller n’importe où sur Terre.

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Très bonne illustration d’un repas quotidien

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