Entre Islam et Hindouisme

Ce weekend, comme il ne faisait pas assez chaud, on a décidé d’aller au Rajasthan, un peu plus près du désert .
Nous voilà donc parties à quatre Françaises, direction Ajmer. Le trajet doit durer 7 heures, mais ce qu’ils ne précisent pas à la SNCF indienne, c’est qu’il faut compter 1 heure d’arrêt en plein cagnard, au milieu de la poussière et des odeurs…environ 30 minutes après avoir quitté Delhi. Le weekend commençait très bien.
Du coup, il a fallu s’occuper pendant ce voyage. Et après avoir suscité la curiosité de tous nos voisins en jouant aux cartes, les ventres commençaient à crier famine. On l’a donc fait à l’indienne: commande de samossas « garam garam » à travers la fenêtre du train ! Et bah c’était très, très bon ces samossas deux fois plus gros qu’en France.
Enfin, nous sommes arrivées à Ajmer où nous avons pris un taxi pour Pushkar. Depuis deux mois que je suis ici, je me suis faite à la conduite indienne, mais là… Vous savez quelles sensations ça fait quand un moteur de voiture s’arrête en pleine descente, avant un virage et qu’il fait nuit? Croyez-moi, votre ventre se noue et vous priez.

image

Nous n’étions pas les seules à trouver ça long

Pushkar est une petite ville où tout se fait à pieds, tranquille et où on retrouve le public de Rishikesh et Dharamsala: les babos. Oui, j’ai décidé inconsciemment de faire le tour des spots hippies. C’était pas prévu, hein. C’est aussi là que se tient la plus grande foire aux dromadaires d’Inde… en novembre. Tristesse…
Pushkar est une ville sainte hindoue. Allez, une petite histoire avant d’aller dodo. Brahma se préparait à une puja (offrande) et attendait sa femme, Savitri. Las d’attendre sa femme sans laquelle la puja ne pouvait se faire, Brahma épousa une fille de Pushkar. Savitri, furieuse, le rejeta et jura qu’on ne célèbrerait le culte de cet impatient nulle part ailleurs en Inde. Pushkar est donc la seule ville où Brahma est honoré.
Sans surprise, nous avons donc été voir le temple de…Brahma! Je dois avouer que l’hindouisme commence quelque peu à m’exaspérer dans certains de ses aspects. Notamment, la place accordée à l’argent : nous sommes sollicités en permanence pour un don, une offrande ou autre. Le pire étant les sadhus, ces hommes saints qui vivent des dons en argent ou nourriture donnés par les fidèles. Ils peuvent vous bénir puis demander 200 roupies. Si ce n’est pas vivre au crochet de la société ça…Idem, si vous refusez de faire une offrande au lac, ou de suivre tel ou tel rituel, ils peuvent être à la limite de l’agressivité. La religion est utilisée pour une affaire de profits partout, tout le temps. Je comprends mieux mes discussions avec des non-hindous, parfois assez virulents à l’encontre de cette religion.
On s’est offert un massage ayurvédique…atypique. L’ayurveda, c’est la médecine traditionnelle de l’Inde. Nous voilà donc chez un couple, dans une pièce toute exiguë. Le massage a été effectué… par dessus les vêtements. Et étrangement, les sensations étaient là, entre relaxation et « énergisation » (oui, j’invente des mots). C’était une expérience à vivre, loin des spas et endroits aseptisés à l’européenne, et assez difficile à décrire. Il faut le vivre. Allez donc à Pushkar, comme ça on pourra en échanger :).

image

image

image

image

Ajmer, ville sainte musulmane à 10 km de Pushkar, elle aussi bâtie autour d’un lac. C’est ici que se trouve le mausolée de Khwaja-Muin-ud-din-Christi, le fondateur du soufisme qui vécut à Ajmer au 12 e siècle.
L’aumône aux plus démunis est l’un des cinq piliers de l’Islam. Lieu de pèlerinage oblige, de nombreux mendiants sont donc présents, mais en mode Cour des Miracles. Je crois n’avoir jamais vu autant d’estropiés d’un coup de ma vie. Et je pense que tous les gens présents n’avaient jamais vu autant d’occidentales d’un coup. En Inde, on est en permanence observé, et rarement discrètement. Mais là, ça a atteint son paroxysme. Et pourtant, on s’était couvertes la tête pour être plus discrètes. Cette ambiance nous mettant très, très mal à l’aise, nous avons très, très rapidement visité Ajmer.
Malgré tout, il y a de très jolies choses à voir. Dargah, où se trouve le mausolée. On dirait un petit village au coeur de la ville, avec des échoppes religieuses, deux immenses chaudrons où sont cuits plus de deux tonnes de riz pour les pauvres et les mendiants et une atmosphère plus recueillie qu’à l’accoutumée. Et la mosquée Adhaï-din-ka-Jhonpra, en ruines mais magnifique. La beauté des monuments musulmans me laissera toujours autant bouche-bée. D’autant qu’ici, les colonnes d’un temple hindou pré existant ont été réutilisées, et ce mélange architectural fonctionne parfaitement bien.

image

L’entrée du mausolée. Photos interdites à l’intérieur.

image

Le fameux temple devenu mosquée

Un weekend détente, où l’on a pu naviguer entre deux grandes religions de l’Inde. Le seul point négatif fut la chaleur, qui nous empêchait de bouger l’après-midi et de dormir la nuit.
Pour rentrer, nouvelle expérience : le bus couchette. Il faut donc s’imaginer dans une boîte, allongé, pour dormir tout le trajet. Passée la surprise, on y est plutôt à l’aise et c’est la moins pire des nuits que j’ai passé dans un bus.

image

Ma boîte de nuit 🙂 (humour tavu)

image

Publicités

Une réflexion sur “Entre Islam et Hindouisme

  1. Pingback: Sur la route des maharadjahs, part.2 | Carte Blanche A Mes Rêves

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s