« Ce rêve bleu »

Et oui mon petit chapati, aujourd’hui je te raconte notre séjour chez Aladdin. Et ça n’est pas juste une façon de parler. Mais avant ça, laisse-moi te conter notre trajet en train jusquà la magnifique Jaisalmer.

Cette fois, nous n’avons pas loupé notre train, ce qui est déjà une très bonne chose. Le trajet s’est effectué en sleeper class. C’est-à-dire un compartiment non isolé du couloir, avec 6 couchettes. Jusque-là, tout va bien. Sauf qu’il n’y a pas la climatisation, donc il y a des fenêtres, qui ferment mal sinon ça ne serait pas drôle. Nous avons passé une nuit horrible, en pleins courants d’air, impossible de se réchauffer malgré toutes les couches possibles de vêtements mises sur nous. Vraiment, je ne pensais pas qu’un jour je pourrais me plaindre du froid en Inde.

Aladdin nous a récupéré et bien accueilli. Bon, il a fallu l’appeler en pleine nuit car visiblement il nous avait oublié et le tapis volant a été remplacé par une jeep. Mais, on peut dire que Aladdin est venu nous chercher à la gare, et ça, c’est classe!

Dans le train, nous avons croisé une hijrace qui me permet de te faire un petit point culture. En Inde, les hijras sont des transsexuelles MF (Male to Female, d’homme à femme). Elles sont officiellement reconnues comme 3e genre par le gouvernement. Elles sont considérées avec respect et méfiance. Selon l’hindouisme, leur castration leur confère un pouvoir de fertilité. C’est pourquoi on les fait venir lors des mariages afin qu’elles bénissent l’union et la rendent fertile. Mais on les craint aussi, car on pense qu’elles sont capables de jeter le mauvais oeil. Quand elles sont en colère, elles frappent très fort des mains pour effrayer les gens, le claquement rappelant celui de deux corps durant l’acte sexuel. Depuis la colonisation, le rapport de la population à leur égard a évolué et beaucoup les méprise pour des raisons homophobes. Pour pouvoir vivre, les hijras sont souvent amenées à mendier ou se prostituer.

Si le sujet t’intéresse et que tu veux aller plus loin, clique sur la vidéo ci-dessous:

Jaisalmer, « la colline de Jaisal« , se situe donc sur une colline et a été fondée par Jaisal (encore un qui a été cherché loin pour le nom). Il s’agit de la deuxième plus ancienne citadelle du Rajasthan, bâtie en 1156. Les murailles ont été édifiées sans mortier, ce qui signifie que les pierres ne tiennent que grâce à leur poids! Ici, on est aux portes du désert du Thar, et il règne une atmosphère particulière dans cette petite ville. Plus de quiétude qu’à l’accoutumée, une ambiance proche de Pushkar et Dharamsala…bref, je m’y suis sentie bien 🙂

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La Carcassonne du désert…

Je crois que le mieux, c’est de déambuler dans les ruelles de la forteresse et de découvrir les murs peints, les portes magnifiques, la ciselure de l’architecture des havelis…Et de savourer le calme.

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Nous avons été visiter les temples jaïns. Je dois avouer que je n’ai toujours pas compris qui ils adorent dans ces temples: saint homme, divinité(s)…? Toujours est-il qu’on y retrouve la même statue dans différentes couleurs et…en 6666 exemplaires! Ce qui est peut être légèrement oppressant. Mais au fait, c’est quoi le jaïnisme? Les jaïns sont non-violents, refusent les armes et ne consomment aucun animal (les plus radicaux se baladent en se couvrant la bouche pour être sûrs de ne pas avaler d’insecte). On en compte environ 4 millions en Inde. Il existe cinq règles majeures: ne tuer aucun être vivant, ne pas voler, se détacher des biens matériels, être chaste, ne pas manger de nuit (encore cette histoire d’insecte). Ce sont des ascètes, mais riches: comme il leur est interdit de tromper leur prochain, on leur fait confiance.

Garisar Lake, est en fait un réservoir d’eau pour faciliter l’approvisionnement de la ville. Il a été construit au 14e siècle par le maharadjah. On y a ccède par un grand portail, bâti par Tilon au début du 20e siècle…une prostituée. On dit que les deux piliers de l’arche rappelaient ses jambes écartées. Les femmes « biens » refusaient de passer sous ce porche pour aller puiser de l’eau, donc le maharadjah décida de l’abattre. Mais Tilon était plus maline, et fit aménager un sanctuaire dédié à un avatar de Vishnou, au-dessus du porche. Et on ne détruit pas ce qui est lié à un dieu. Le porche resta debout, mais le maharadjah et sa cour le contournèrent à chaque fois qu’ils se rendirent au lac.

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Balade en dromadaire. Aladdin nous a concocté une journée dans le désert absolument magnifique. Nous n’étions que nous deux, notre guide Alep, et nos dromadaires. Le désert du Thar n’est clairement pas un désert de dunes, ou alors il faut s’éloigner et donc faire plusieurs jours de dromadaires. En fait, c’est surtout un champ d’éoliennes, qui n’existaient pas il y a 10 ans. C’est une entreprise suisse qui les a mises en place et revend l’électricité générée au gouvernement indien…Le désert n’est plus si désert. Nous avons quand même eu des moments de grâce, notamment au déjeuner. Alep nous a trouvé le coin parfait, loin des éoliennes, dans un silence absolu. Il a cuisiné en faisant passer tous les pros du barbeuc pour des petits joueurs. Ce moment était parfait! A la fin de la journée, il nous a emmené dans un village kalbelya. Non, ça n’est pas un gros mot. Les kalbelyas sont les gitans du Rajasthan, ils se déplacent de villes en villes et vivent de la manche ou de petits spectacles de rue. Nous avons été très mal à l’aise d’être là. Enfants comme adultes réclamaient tout ce qu’ils pouvaient: de l’argent, mais aussi nos chaussures, nos foulards, nos lunettes de soleil…autant dire que nous sommes vite parties. Et c’est le corps tout endoloris par les courbatures dûes à notre journée de droma que nous avons rejoins Aladdin (pardon, que nous avons attendu Aladdin, une fois de plus^^).

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Le plus doué des cuistots du désert

Prochaine étape, Jodhpur la bleue!

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La street-food ou comment contenter ses papilles pour 3 fois rien :p

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Une réflexion sur “« Ce rêve bleu »

  1. Ouahou, alors ça y est te voilà repartie?! Pas toute seule alors cette fois si j’ai bien compris. Ton carnet de route est chouette à lire! J’ai appris un mot qui a attisé ma curiosité et m’a fait découvrir de jolies images, trésors d’architecture les havelî! Grosse bise cousine!

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