Retour à Jaipur!

(Tavu, je fais des rimes et tout!) Oui, je sais, il y a longtemps que je ne suis pas venue ici. Mais j’ai de bonnes excuses :

  • le rythme est soutenu donc la fatigue présente (et la flemme qui l’accompagne)
  • la connexion wifi est très capricieuse
  • je suis partie 10 jours à Jaipur, avec deux autres bénévoles, pour observer comment les choses se passent dans un autre orphelinat

Du coup, tu peux en conclure que tu vas avoir pas mal de lecture.

Par où commencer ? Il y a tellement à raconter sur ces quelques jours qui nous ont remué le cœur, l’esprit et le corps pour 2 d’entre nous (merci l’intoxication alimentaire!).

Jaipur côté tourisme

Bon, c’était ma troisième fois dans cette ville donc autant dire que je ne l’ai pas exploré de fond en comble. Néanmoins, ça ne nous a pas empêché de nous balader, avec Vinod notre chauffeur. Avec lui, c’est le genre de rencontre que j’adore : impromptue et se décidant autour d’un tchai. Prendre le temps, discuter, rencontrer l’Autre…c’est ça le réel voyage, c’est ce qui en fait sa véritable richesse. D’ailleurs, depuis que je suis en Inde, j’ai compris au fil des échanges à quel point les jeunes de notre enviaient notre liberté, qu’ils soient filles ou garçons. Vinod nous a fait découvrir des choses que nous n’aurions pas été voir de nous-même, nous a expliqué plein de choses…un vrai guide. Bon, j’ai dû lui briser le cœur en lui expliquant que non, nous n’étions pas destinés l’un à l’autre. C’est triste, il va devoir trouver une nouvelle occidentale à amadouer…Malgré tout, thanks Vinod, it was a great day :).

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Si tu vas à Jaipur, arrête-toi au LassiWalla boire…un lassi. C’est une tuerie!!

Jaipur côté bénévolat

On s’est donc retrouvé dans un orphelinat de 109 enfants, entre 1 an et 18 ans…Rien que ça, ça te met dans l’ambiance. Ces 10 jours ont été compliqué à gérer, malgré mon expérience des situations compliquées.

On s’est retrouvé dans un orphelinat clairement dégueulasse, des enfants livrés à eux-mêmes, sales, délaissés et un manque criant de matériel. J’ai dû doucher un enfant de 1 an à l’eau glaciale ; il pleurait tellement que j’avais l’impression de le torturer. Après ça, il a fallut le sécher avec mon pull car il n’y avait pas de serviettes. Il était tellement frigorifié que si j’avais eu une pièce avec de l’intimité, je lui aurais fait du peau-à-peau pour le réchauffer. Jamais je n’ai autant ressenti le besoin de prendre soin et protéger. C’est insupportable de voir un tel délaissement dans un endroit supposé protéger ces enfants. Les adultes présents, bénévoles (logés et nourris) passaient leurs journées allongés dans le lit ou assis sur une chaise. C’est juste révoltant ! Il y a tellement à faire là-bas, et il suffirait d’une réelle volonté institutionnelle pour que les choses bougent. Finalement, les dysfonctionnements sont toujours liés à la même chose, quel que soit l’endroit du monde où on se trouve : le dysfonctionnement des adultes, au détriment du bien-être des enfants.

Un court résumé qui donne une idée de l’ambiance et des lieux, et je passe sous silence les histoires sordides de certains enfants.

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Les écrans, une attraction internationale…

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Oui, ces photos sont belles. Mais en vrai, quand on sait le contexte dans lequel elles sont prises et ce qu’il y a derrière, elles font surtout mal au coeur. Comment peut-on leur faire du mal?…

Durant notre séjour, nous avons été logées dans une famille d’accueil adorable. La seule difficulté était leur non maîtrise de l’anglais, ce qui limitait les conversations. Je dis bien les conversations, pas la communication. Par les gestes, 2-3 mots de hindi et Google traduction, on arrivait à se comprendre. Ils ont vraiment pris soin de nous durant notre intoxication alimentaire (et on en avait bien besoin!). Le dernier soir, moment entre femmes. Quel plaisir de les voir nous habiller en tenue traditionnelle rajasthanie ! Alors oui, c’est beau…mais tellement chaud ! Car en fait, ces belles tenues toutes colorées cachent complètement le corps des femmes sous plusieurs couches de vêtements. Ce qui en fait une tenue absolument pas pratique. On ne peut pas dire qu’on était très à l’aise à devoir nous cacher sous leurs voiles et ne pas bouger. Au moins, on aura bien rigolé :).

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Rappelle-toi mon petit chapati, je t’avais parlé de Holi l’année dernière. Et bien j’ai réitéré l’expérience cette année ! Et deux fois !

La première fois, nous nous sommes rendues dans une école pour filles. Couleurs (évidemment), musique, danses…

Le vrai jour de Holi, nous étions à Jaipur, en « famille ». Monu, notre hôte, nous a interdit de sortir par mesure de sécurité. En effet, à Holi tout le monde peut se toucher et surtout, il y a autorisation de boire de l’alcool. Autant dire que pour les femmes, c’est très loin d’être safe. D’ailleurs, même les femmes indiennes restent à la maison ce jour-là. Nous avons donc passé la journée avec Monu et ses amis, couleurs, musiques, boissons et coups de soleil…Etant entre Bretonnes, on a tenté de les entraîner dans une ridée : impossible ! Comme à leur habitude, les Indiens n’en font qu’à leur tête. On pourra au moins dire qu’on a fait chanter Tri Yann sur un rooftop de Jaipur et ça, c’est la grande classe !

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Pour Holi, tu achètes d’abord tes poudres de couleur. Et tu ne manques pas de choix!

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Et ensuite, tu te poudres. Tu constateras que la première fois tirait sur le vert alors que la deuxième était plus « girly »-rose.

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Les seules filles, bien entourées

De retour à Faridabad, une seule envie : voir les p’tits loups et les couvrir de câlins. Nous sommes parties 10 jours, beaucoup de bénévoles étaient présents à Faridabad sur cette période. Néanmoins, nous avons eu la surprise de découvrir que PERSONNE n’avait remarqué l’invasion de poux des enfants ! Branle-bas de combat, la guerre est déclarée : shampooing, coupes de cheveux, heures d’épouillage…Je dois avouer que ça m’a mise en colère. Pour jouer avec eux, prendre des selfies et des photos il y a du monde, mais pour prendre soin d’eux il n’y a plus personne. Ils ne sont pas juste là pour alimenter les profils facebook ou passer un moment sympa….

On avait bien mérité un peu de réconfort, et eux aussi. Direction le cinéma pour voir un pur bollywood. Entre les danses, les chansons, les rires, les larmes, les drames…un film qui contient un discours féministe ! Ca fait du bien de voir ça dans l’industrie du cinéma indien. D’ailleurs, d’après les bandes-annonces, il y a pas mal de films « féministes » qui sortent dans les prochaines semaines…Petite surprise par rapport à l’année dernière : avant le film, tout le monde est prié de se lever pendant l’hymne indien…La politique hyper nationaliste de l’Inde continue à faire son chemin…

Si je parle sans cesse de « bénévolat », ça n’est pas anodin. Les mots ont un sens, et dire que l’ont fait de l’humanitaire dans un tel contexte, c’est un leurre. Nous sommes des bénévoles, non professionnels, qui donnons de notre temps et essayons d’aider comme nous le pouvons, au mieux. Si je faisais de l’humanitaire, je serais une professionnelle avec un contrat de travail (et idéalement formée à l’humanitaire), au sein d’une ONG, et partant sur des missions bien précises. Ca n’est pas le cas. Je fais du bénévolat, de la solidarité internationale, mais certainement pas de l’humanitaire.

Les mots ont un sens, et il est parfois bon de les rappeler. Ca permet de rester humble face à ce que l’on fait.

Ma petite Magali, je t’ai piqué des photos. Merci pour tes beaux clichés 🙂

Kasdédi à mes coupines infirmières, partager ces moments avec vous, c’était tiptop chouette.

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