« Moi aussi je veux faire du bénévolat »

Partir à l’étranger pour faire du bénévolat, beaucoup en rêve. Et ce n’est pas moi qui dirai qu’il s’agit d’une mauvaise expérience. Mais, il y a quelques questions à se poser avant de partir, pour éviter les dérives.

« Quelles dérives ? » Le problème, c’est le volontourisme. Je définirais ce terme comme : je pars à l’étranger en disant que je fais du bénévolat, mais en fait je passe plus de temps à visiter et faire du tourisme qu’à bosser. La mission de bénévolat devient une excuse, et fait bien sur un CV alors qu’en réalité, elle a été très peu effective et efficiente.

C’est pourquoi il faut bien choisir l’association avec laquelle partir. Je dis bien « association ». Car il existe de gros organismes qui permettent de partir, moyennant plusieurs milliers d’euros. J’appelle ça des agences de voyage humanitaire. Là, le bénévolat devient une excuse pour faire du business.

Pour bien choisir, ça ne me semble pas très compliqué. En réalité, il existe énormément de petites assos, qui ne demandent aucune participation financière ou très peu. Et surtout, qui travaillent avec des associations locales. C’est-à-dire qu’en réalité, le travail sur place est effectué et géré par une association locale. Et que l’association française lui permet juste une aide financière et, éventuellement, humaine.

« Pourquoi partir ? ». Je crois que c’est la question essentielle à se poser. La première fois, je m’imaginais « travailler » 7/7. Je n’attendais rien d’autre de mon départ, si ce n’est le bénévolat et l’apprentissage inhérent à cette expérience. Car oui, on apprend, si on le souhaite réellement.

Il ne faut pas partir en se disant qu’on va sauver le Monde. Ça, ça pourrait être assimilé à du néo-colonialisme et  nous mettre dans une place de toute-puissance. Alors qu’en réalité, les étrangers, c’est nous. Ce sont les Autres qui savent comment ça fonctionne sur place, ce qu’on peut faire et ne pas faire…ce sont eux quoi ont les compétences. A nous de ne pas nous substituer aux compétences locales, en sachant dire « non » quand on nous propose des travaux qu’on ne maîtrise pas, ou hors de notre champ d’action. En fait, il s’agit de se mettre dans une posture d’apprenti en commençant par observer, apprendre et être humble. Et quand le respect est ainsi mis en place, on peut échanger et apporter aussi des savoirs et compétences.

Echanger au maximum pour apprendre toujours plus, et comprendre là où on se trouve. Mettre de côté ses représentations, ses pratiques…pour ne pas être jugeant. Respecter le pays et ses codes. Respecter les Autres. Ce qui n’est pas incompatible avec un regard critique.

Car oui, on peut parfois être heurté, révolté par ce qu’on voit. Sur certaines réalités locales. Sur certains autres bénévoles, car les conceptions de notre présence, de notre travail, de notre éthique peuvent parfois être trop éloignées pour être réconciliées.

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Sur les murs de MacLeod

« Ca y est, je pars ! » Et avec plein de bonne volonté, je ramène du matériel, des cadeaux.  Ce qui est bien. Mais d’après ce que j’ai vu, il faudrait se renseigner précisément sur les besoins. Afin d’éviter d’accumuler de l’inutile sur place, ou d’habituer aux « Blancs qui donnent des cadeaux ». Aucune relation humaine ne peut s’établir sincèrement et uniquement sur le don matériel.

« Je fais de l’humanitaire ». Et non, ça c’est un leurre. Pour partir « aider », il existe plusieurs formules :

·         Le bénévolat. Tu payes pour partir, tu choisis ta durée, tu n’as aucune rémunération et tout est à tes frais.

·         Le volontariat. Tu pars en mission de plusieurs mois au sein d’une association. Tu es recruté sur ton parcours et tes compétences. Tu as une petite rémunération mensuelle et une aide au retour.

·         L’humanitaire. Tu pars sur des missions d’urgence ou des de mise en place de projets permanents. Et tu es qualifié, bien souvent salarié dans une ONG.

Donc non, je ne pars pas faire de l’humanitaire. Il s’agit de bénévolat, de solidarité internationale…donner un peu de temps, et aider autant que possible.

N’hésite pas à partir sur le moyen ou long terme. Parce qu’en réalité, c’est là que l’expérience est la plus forte. Tu peux prendre le temps de t’adapter, d’apprendre, de rencontrer, d’observer, de comprendre…et de faire un réel travail en collaborant avec l’association sur place.

De toutes les manières, quelle que soit la façon, pars, voyage…c’est encore la meilleure école. Là où tu ouvres ton esprit, là où tu apprends à mieux te connaître, là où tu apprends à relativiser et lâcher prise. Par contre attention, une fois que le virus est pris, il y a de gros risques pour qu’il ne te lâche plus 🙂

Pour aller plus loin

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